Agrégation de données pour le Pay As You Drive™
07-09-2007

En France, les assureurs qui souhaitent aujourd’hui développer une offre de PAYD pour les particuliers n’ont plus beaucoup de choix : Ils sont contraints d’utiliser des données agrégées pour tenir compte des recommandations de la CNIL.

Si l’on se réfère aux expériences en cours, il existe au moins deux méthodes permettant d’agréger des données :

  • La première consiste à télécharger un flot de données sur un serveur informatique et d’effectuer l’agrégation de ces informations sur ce même serveur.
  • La deuxième méthode consiste à réaliser l’agrégation des données directement dans le boîtier et à ne télécharger sur le serveur informatique que des résultats statistiques.

Si à première vue, ces deux méthodes produisent au final le même résultat, elles présentent des différences certaines au niveau législatif et technologique. 

1ère méthode : agrégation après transmission des données 

 Pour les expériences de PAYD menées en Europe, c’est cette première méthode qui a été mise en pratique.

En France, certains assureurs auraient obtenu l’aval de la CNIL pour remonter des données de position (on abandonnerait momentanément des données relatives à la vitesse) à la condition que ces données soient dans un premier temps agrégées sur le serveur d'un tiers de confiance. Mais pour beaucoup d’automobilistes, tiers de confiance ou pas, à partir du moment où des données personnelles peuvent sortir du véhicule, le respect de leur vie privée n’est plus assuré. Ils sont d’ailleurs nombreux à se demander pourquoi télécharger hors du véhicule des données brutes si au final les assureurs doivent se satisfaire d’indicateurs statistiques. 

2ième méthode : agrégation avant transmission des données 

 Est-il possible d’agréger les données à l’intérieur du boîtier ? La réponse est oui, mais à condition d’intégrer une base cartographique pour pouvoir associer chaque position à un type de route donné.

Il est vrai que ce dernier point peut constituer un inconvénient par rapport à la solution précédente (bien qu’aujourd’hui tous les navigateurs possèdent une cartographie intégrée) mais présente par contre l’avantage de pouvoir calculer des statistiques de la vitesse en fonction du type de routes sans qu’aucune donnée brute sorte du boîtier.

Outre le fait de pouvoir se passer d'un statut de tiers de confiance, il faut également signaler que cette méthode présente un intérêt financier non négligeable. Les seules données à sortir du véhicule étant des données statistiques, elles peuvent très bien être transférées au moyen de quelques SMS. Ce qui représenterait pour les assureurs un coût infime comparé à la solution précédente.

 

Selon Guillaume Rosenwald, directeur des assurances-dommages du groupe MACIF, le PAYD tel qu'il est proposé en France aujourd'hui, "n'intéressera qu'une partie de la population, et plutôt des faibles rouleurs, qu'il y a une certaine contradiction à équiper". De son côté Pay-How-You-Drive ou encore PriPAYD (version évoluée du Pay-As-You-Drive protégeant la vie privée) permet à la fois d'avoir une prime d'assurance modulable en fonction du comportement au volant (et non pas uniquement en fonction du nombre de kilomètres ou du type de trajets parcourus) tout en assurant qu’aucune donnée précise ne sorte du boîtier (Carmela Troncoso and Georges Danezis - « PriPAYD :  Privacy Friendly Pay-as-You-Drive Insurance »).

 

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